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L’AVÈNEMENT DES PELERINAGES

 

SAINT-JACQUES de COMPOSTELLE

Si saint Jacques reste une légende historiquement, il n’en reste pas moins vrai qu’autour du mythe et de l’idée de saint Jacques, le monde médiéval a pris forme. II a puisé des forces en jalonnant la route d’une empreinte profonde, abandonnant sur son passage le même désir d’éclairement spirituel que les pèlerins se sont transmis mutuellement, avec une soif de connaissance et de communication. Ce chemin de Compostelle a été le cours jamais tari des échanges culturels entre un monde chrétien mal éclairé religieusement, et un monde judéo-musulman méconnu de l’Occident

JACQUES LE MAJEUR : LA LEGENDE ET L’HISTOIRE

Frère de saint Jean l’évangéliste, Jacques le Majeur était un des disciples proches du Seigneur. Prêcheur tout d’abord en Judée et en Samarie, Jacques prit la mer et vint en Espagne pour évangéliser le pays au VIIe siècle. Symbole de la lutte contre les Maures, il fut le chef spirituel de la Reconquête. À sa mort, en Judée, des disciples enlevèrent le corps pendant la nuit, le mirent sur un vaisseau, chargeant la providence du soin de sa sépulture. Le bateau, qui contenait le corps du saint accosta au fond de la ria d’Arosa. Transporté â l’intérieur des terres par un char tiré par deux taureaux, le corps fut inhumé à l’endroit même où l’attelage ayant épuisé ses forces, parvint en terre de Galice. Les coquilles des mollusques des rias de Calice qui, selon la légende, auraient recouvert embarcation et équipage demeurent l’emblème des pèlerins. Il en est de même de l’étoile apparue au-dessus du tombeau qui reste le repère de Compostelle ou « champ de l’étoile ». Pour les historiens la vérité est plus simple et le tombeau de saint Jacques se serait trouvé dans une nécropole : « Compostelle » dérivé du latin Compostum, qui signifie « le cimetière ». Quelle que soit la vérité, autour de la sépulture de Jacques le Majeur, le culte se développa.


DES TRACES DANS L’UNION SPIRITUELLE DES PELERINS

Les pèlerins viennent de très loin d’Allemagne, d’Italie, d’Angleterre et de France. Des routes pèlerines se tracent, qui vont d’abbaye en basilique, de sainte relique en sainte relique. Ainsi, par l’une des quatre voies qui traversent le Languedoc, les « jacquets », ou pèlerins qui se rendent à Saint-Jacques, ont coutume de s’agenouiller devant nos saints les plus célèbres.


 Ainsi venant d’Italie, ils visitent respectueusement saint Trophime en Arles et se recueillent aux Alyscamp, s’inclinent devant saint Gilles dans le Gard et saint Guilhem dans l’Hérault, puis devant saint Saturnin dans la basilique Saint-Sernin, pour continuer vers Auch, Sauveterre et Oloron, Jaca en Espagne pour rejoindre Puenta-la-Reina, point de rencontre des quatre grands itinéraires arrivant de France, et seule route en Espagne vers Compostelle.
 Les jacquets venant du Puy-en-Velay vénèrent au passage sainte Foy de Conques, et s’acheminent vers l’abbaye de Moissac jusqu’à Ostabat, porte de l’Espagne où se rejoignent les trois voies occidentales en France.
 De Vézelay vers Ostabat, chemin qui mène vers Compostelle, les provinces du nord-est de la France et vraisemblablement l’Allemagne, les pèlerins s’agenouillent devant les reliques de Marie.
 Sainte Madeleine à Vézelay puis saint Léonard en Limousin, saint Martial de Limoges, puis saint Front de Périgueux...
 Les pèlerins des pays du Nord et de la France septentrionale partent de Paris par Tours pour consacrer leur visite à saint Martin, puis saint Hilaire de Poitiers, saint Jean d’Angely et sainte Eutrope de Saintes, saint Romain de Blaye où repose dans la basilique le corps du glorieux. Roland, puis saint Ceurin de Bordeaux.

Eglise du Puy, Figeac, © JL Alias
 

LES EGLISES, TEMOINS DE PASSAGE POUR LES PELERINS

Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle sont de puissants stimulants de l’économie : des relais, des hostelleries et les célèbres « hosteaux » des hospitaliers surgissent sur les itinéraires pour héberger les jacquets. Ceux-ci s’y restaurent et s’y font soigner. Certains meurent sur le chemin : des églises sont érigées sur les lieux où ils tombent pour y abriter et exposer dignement leurs reliques. La condition du jacquet est rude. Difficultés de la route où il ne circule qu’à pied le plus souvent, en caravanes groupées, soigneusement organisées ou parfois aussi, en solitaire, dans un dénuement complet. Le pèlerin part pauvre, même s’il a été riche.

Le chemin est long à parcourir, dangereux, incertain et le jacquet n’est pas sûr de revenir. Le riche se dépouille de ses biens avant son départ et teste en faveur d’un établissement de piété, sources de profits non négligeables pour les ordres religieux. Il est normal que le jacquet se rendant au « culte sacré » de Compostelle, lègue ses biens aux Templiers, ordre de chevaliers chargé de la défense des lieux saints, attachés à la religion, et protecteurs des biens des pèlerins pendant la durée de leur voyage. Si le jacquet revient vivant, il reprend ses biens à l’ordre, celui-ci jouant ainsi un deuxième rôle de banquier qui va donner aux Templiers une position privilégiée d’indépendance acceptée au début du XIIIe siècle par la papauté installée en Avignon.

FIGEAC, CARREFOUR DES CHEMINS DE SAINT-JACQUES

La vocation de Figeac, primitivement religieuse, va devenir avec les pèlerins de passage, une cité aux riches mouvements spirituels. Au carrefour de la voie pèlerine du Puy à Ostabat et de celle qui descend de Paris vers le Midi, par de célèbres sanctuaires comme ceux de Rocamadour où accourent des milliers de fidèles, Figeac bâtit son apogée culturelle par l’hébergement d’une foule de jacquets dans ses édifices multiples d’ordres religieux.
 En 972, s’établit sur les bords du Célé, à l’emplacement de l’actuelle abbatiale Saint-Sauveur, un monastère. Les moines de Conques s’installent dans l’abbaye. C’est vers cette époque que le sanctuaire se serait enrichi de reliques de saint Vivien et de saint Marc que des moines auraient été voler à Saintes.

Avec l’encombrement des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, des édifices religieux sont édifiés dans Figeac. Les hôpitaux accueillent les pauvres et les voyageurs : celui du Griffoul et de Saint-Eutrope, Saint-Namphaise face à l’abbatiale d’aujourd’hui, d’Aujou, construit en 1260, actuel hôpital Saint-Jacques.
 Les églises de la ville détiennent de sérieux vestiges sur les mouvements des pèlerins de Saint-Jacques : Notre-Dame du Puy appelée primitivement Notre-Dame-la-Fleurie, abrite une belle statue de l’apôtre dans la chapelle. Elle aurait été vraisemblablement le siège d’une confrérie de saint Jacques. L’abbatiale Saint-Sauveur construite au XIIe siècle, du type de Sainte-Foy de Conques et Saint-Sernin de Toulouse, a une salle du chapitre où l’on peut voir sur d’intéressants chapiteaux, des sculptures de coquilles rappelant le passage des jacquets vers Compostelle. Parfois, les pèlerins portent une tunique blanche à croix rouge pour aller vénérer Jacques le Majeur. Sur les vitraux de l’église abbatiale, par deux fois, est dessinée une croix rouge sur fond blanc surmontée de « Ville de Figeac ». Dans l’église Saint-Thomas, non loin de l’hôpital Saint-Jacques, une peinture évoque le culte de l’apôtre. Tout près, des traces de fortifications moyenâgeuses bordent une rue appelée « Saint-Jacques ».Les Templiers, alors ordre florissant, occupent des relais importants sur les itinéraires de Saint-Jacques-de-Compostelle. À Figeac, établis tout d’abord au Castel de la « Curie », au bord du ruisseau des Carmes, ils pénètrent la ville, et tout un pâté de maisons où se dessine une des plus riches architectures gothiques, est un témoin de leur rôle alors prestigieux.

La Commanderie, rue Gambetta, anciennement rue du Griffoul, dans un ensemble d’immeubles où s’enchevêtrent des escaliers, où s’ouvrent des ogives, des trèfles et des rosaces, rappelle l’influence de cet ordre religieux, qui au XIIIe siècle, est alors au faîte de sa puissance. Les sept bâtiments la composant s’apparentent à l’édifice qui a existé jusqu’au milieu du siècle dernier à Paris, et connu alors sous le nom de Saint-Jean-de-Latran surnommée la tour Bichat. La Commanderie de Figeac est un joyau des monuments médiévaux de la ville.
 L’intérieur ressemble à une construction type de commanderie : dépendances, jardins, réfectoires, cuisines, cour pédestre et cour équestre.
 Au premier étage, la grande salle des cérémonies, la grande chapelle et la chapelle oratoire ont des fenêtres jumelées identiques à celles que l’on peut admirer à la cathédrale de Rouen. La remarquable « porte capitulaire », qui donne accès par la terrasse aux chapelles, a son pendant à l’abbaye de Beaulieu. Les fenêtres à meneaux ouvrent sur la cour intérieure pédestre et ont conservé leurs moulures en boiseries d’époque. « Les puits de jour » au dortoir des chevaliers du second étage sont un exemple d’architecture du XIIIe siècle. Les structures de cette commanderie, civilisée postérieurement, sont de type militaire. La tour des gardes s’apparente à la tour Bichat ou au donjon de l’ancienne commanderie Saint-Jean-de-Latran.
 Entre 1258 et 1282, dix actes furent passés dans la Commanderie des Templiers de Figeac. L’ordre du Temple a pris fin par le procès intenté contre lui par Philippe le Bel en 1314. L’abbé Péchal parle dans son ouvrage « d’un seigneur qui a emprunté de l’argent à la banque des Templiers de Figeac ».
Le patrimoine de Figeac est allé en s’enrichissant au début du XIVe siècle; son histoire s’est hissée sur les itinéraires de Saint-Jacques-de-Compostelle, révélant un inestimable trésor découvert de son riche héritage moyenâgeux : la plupart des rues offre un mélange heureux de pierres, de briques et de boiseries que rehausse le fameux soiheilo, grenier à jour et couvert pour profiter des longues soirées d’été et prendre le frais. Partout dans la ville, se dressent des immeubles à ogives, où se détache la tourelle en encorbellement dépassant généralement le toit. Figeac est sortie toute florissante du Moyen Âge. C’est de ce temps qu’est née sa richesse marchande mais aussi l’idée de s’enrichir au passage des pèlerins sur la route du divin apôtre et qui lui a permis d’atteindre son apogée.
 L’hôpital de la place Champollion, conçu dans un même dessein sur la route des pèlerinages, date du début du XIVe siècle. Il est d’architecture très proche de celle de la Commanderie, mais plus flamboyant : arcs très décorés, très sculptés alors que l’édifice de la rue du Griffoul est de style rayonnant.
 Les nouveaux pèlerins européens du XXe siècle, ressentent aujourd’hui ce passé culturel qui se dégage au hasard des rues médiévales de Figeac. Il est vraisemblable que de nouvelles surprises peuvent survenir de notre aventure spirituelle sur les chemins du Languedoc vers Compostelle, et nous permettent, « nouveaux pèlerins », de renouer avec le culte de Jacques le Majeur. L’étoile du saint nous éclaire toujours de son scintillement éternel qu’elle a dissipé en rayons sur les relais de notre route ! Figeac est parmi ceux-ci : un phare qui se dresse sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle !





         
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